Qu'est-ce que l'ANL ou approche neurolinguistique ?

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L’ANL est une façon innovante d’envisager l’enseignement/apprentissage du français langue seconde/étrangère LS/LÉ afin de créer en salle de classe les conditions optimales pour une communication spontanée et une interaction sociale réussie d’après l’ouvrage de Claude Germain, L’approche neurolinguistique (ANL) foire aux questions édité en 2017 chez Myosotis Presse.

Elle a créée en 1997 par Claude Germain (professeur émérite de l’Université du Québec à Montréal) et Joan Netten (membre de l’ordre du Canada et professeure à l’université Mémorial University of new Foundland). Les résultats des différentes et nombreuses études expérimentales depuis 1998 et confirmées récemment en démontrent sa solidité et son efficacité.

Joan_NettenL’ANL est le paradigme qui sous-tend le programme pédagogique appelé français intensif au Canada depuis cette année-là. Il  a été créé à cette époque-là parce qu’il y existe un régime pédagogique appelé français de base pour enseigner/apprendre le français LS/LÉ à un public adolescent. Dans ce régime, l’enseignement/apprentissage du français langue étrangère est centré sur le savoir explicite (règle, conjugaison, vocabulaire) et les élèves testés ne peuvent pas communiquer de manière spontanée. Ils ne peuvent interagir qu’avec des mots ou expressions isolées qu’ils aient appris le français pendant 1 an , 2 ans ainsi de suite jusqu’à 9 ans.

Les résultats fiables de l’ANL (voir une série d’articles et de références plus bas) reposent sur cinq principes pédagogiques fondamentaux.

  • La distinction entre 2 grammaires, non consciente et consciente (compétence implicite et grammaire explicite). L’acquisition primordiale d’une compétence implicite se traduit à l’oral par des conversations authentiques au cours desquelles l’apprenant utilise et réutilise un nombre limité de structures afin d’assurer le développement de connexions neuronales dans la mémoire procédurale de l’élève (se référer aux travaux de Michel Paradis). Bâtir une habileté à communiquer à l’oral est soutenue par l’intervention d’une grammaire consciente, qui se traduit par une correction et une reprise de la phrase correcte par l’apprenant. De surcroît, cette grammaire explicite contextuelle est (surtout) abordée lors des phases de lecture et d’écriture (le rapport son/graphies, l’accord du pluriel par exemple) après avoir acquis une habileté à communiquer solide. De la même manière, l’enseignant assure l’enseignement d’une compétence implicite, grammaire interne en lecture (prosodie) et en écriture (influence de l’oral sur l’écrit).
  • L’authenticité a partie liée avec le processus de transfert approprié. Le cerveau enregistre les données avec tout leur contexte linguistique et extralinguistique (Segalowitz). Le système limbique est activé s’il y a motivation (Paradis). Ainsi, nous partons du vécu et de l’intérêt de l’apprenant. Ce qui amène un plaisir à communiquer et partant, augmente l’estime de soi et crée une source de motivation. L’apprenant parle toujours de sa situation et de son expérience personnelles et donne sa propre opinion. Il apprend à élaborer sa pensée critique et à la justifier (dès le niveau débutant, recours au « pourquoi » : pourquoi tu aimes le jogging ?, analyse et synthèse : par exemple, il y a combien de personnes dans la classe qui aiment le sport ?). 
  • Le recours à une pédagogie axée sur la littératie spécifique à la langue seconde/étrangère. L’oral est primordial et ce dans toutes les compétences et la séquence pédagogique suit un ordre cohérent sur un même thème : oral, lecture et écriture puis retour à la lecture et l’oral. En effet, si un apprenant est capable d’exprimer oralement ses idées, il sera davantage capable de lire puis d’écrire sur le même sujet. Et l’importance de la pédagogie de la phrase complète pour faire le lien entre tous les éléments de la phrase sur le plan phonologique, morphosyntaxique, discursif et prosodique.
  • La centration sur le sens des messages (Paradis et N.C. Ellis) et la pédagogie du projet. Dans l’ANL, l’unité aboutit à un projet final, challenge qui est assuré par la structure progressive et cohérente des tâches reliées au projet final. Dans l’unité de niveau A2 sur les loisirs, le projet final consiste à faire une affiche de découverte sur un loisir. D’abord, les apprenants écrivent un questionnaire et posent les questions sur les loisirs auprès d’autres personnes. Puis, en groupe, ils présentent un loisir. Enfin, ils font l’interview d’une personne qui excelle dans ce loisir. Toutes les acquisitions linguistiques et tous les raisonnements intellectuels mobilisés lors des tâches seront nécessaires à la réalisation du projet final.
  • L’utilisation de stratégies d’enseignement interactives. En aucun cas, il s’agit de dialogues appris par cœur mais de l’utilisation authentique d’un langage conversationnel entre pairs qui contribue au développement d’une compétence implicite individuelle mais également aux développements social et cognitif de l’apprenant (Vygostky). Un ensemble d’étapes cohérentes et pertinentes permettent aux apprenants d’acquérir la réponse le « comment dire » et la question « comment poser la question » pour interagir et ce de manière progressive et motivante.

A ces principes se superposent ceux de l’aisance (utilisation de phrase complète), de la précision (phrase correcte) et de la stimulation d’écoute (écoute des autres).

Pour de plus amples détails, nous vous invitons à consulter l’excellent site du français intensif (en cours de réfection, français intensif qui est le régime pédagogique utilisant l’approche neurolinguistique au Canada), sur l’approche, la séquence d’habiletés et les stratégies d’enseignement/apprentissage, ainsi que les articles essentiels s’y rapportant.

Vous pouvez y télécharger directement les articles en cliquant sur la référence.